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Armorbihan

Une traversée de la Bretagne du nord (Cap Fréhel, Côtes d'Armor) au sud (Pointe de la presqu'ile de Quiberon, Morbihan), rien de plus tentant quand on est Breton !

Une 1ère édition découverte, une quarantaine de coureurs, un temps superbe. 6h du matin samedi 16 mai, c'est parti pour 190 km à parcourir en 31h maximum.

 

Je suis assisté par Olivier qui fait son baptême d'Ultra par la même occasion. Côté suiveur certes, mais Ultra quand même car il devra tenir aussi longtemps que moi.

 

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Les 50 premiers kilomètres se déroulent tranquillement, à l'allure prévue. Passage en 4h12 au marathon, en 4h58 aux 50 km. Juste avant d'attaquer le Mont Bel Air, point culminant de la course mais aussi des Côtes d'Armor.


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Le ravitaillement est bien placé, juste avant d'attaquer la longue ascension ! Toujours pile poil dans les objectifs au sommet, je ralentis car il est midi et la chaleur va faire des dégâts si je m'enflamme. J'alterne désormais course et marche tranquillement, comme sur une étape de Transe Gaule. Je m'occupe exclusivement de gérer mon allure et de garder des sensations de facilité. Malheureusement, je n'ai pas crèmé mes pieds ni mon entrejambe et la punition sera à la hauteur de la bêtise.

Des ampoules au pied gauche, l'entrejambe brûlé, ça commence à faire de plus en plus mal. Le pire, c'est qu'à aucun moment je ne vais m'arrêter pour regarder mon pied ni mettre de la crème. 

Kalie et les enfants arrivent et j'ai maintenant 2 véhicules et 4 personnes pour m'assister. Ils font des sauts de puce et je m'alimente peu mais régulièrement. Environ tous les 5-6 km au lieu de 8 km lors des 1ères heures. 


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Les kilomètres vont ainsi défiler tranquillement. Je ne suis pas trop handicapé par la chaleur, juste par les brûlures des ampoules et des frottements. La foulée est souple, la route est encore longue.


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Quelques longues lignes droites, des montées , des descentes, la Bretagne quoi ! Je suis surpris que personne ne revienne de derrière, excepté 2 coureurs qui font route commune et que j'ai vu à plusieurs reprises depuis ce matin.


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Le ravitaillement du km95 sera bienvenu, après 10h30 de course. Je vais prendre mon temps pour bien manger, papoter, récupérer.... Il fait toujours chaud, mais la mi-course est atteinte. Les jambes vont super bien, pas de courbatures ni de fatigue particulière. En revanche, ça me brûle le c** !!!!


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Je repars en donnant rendez-vous au km100 pour boire une bière. Kalie et les enfants doivent rentrer, alors on se boit une petite mousse avant !

Qu'il est long à atteindre ce kilomètre là ! C'est chose faite, en pleine ligne droite où les abrutis habituels roulent à tombeau ouvert. Motos et voitures, même combat, à fond la caisse ! Ma bière, enfin !


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Je suis fatigué. J'ai atteint 100 km en 11h29, ce qui est très satisfaisant, mais j'ai un coup de barre. Je mets de la crème au niveau de l'aisselle droite et en bas du dos (frottement du dossard). Put***, ça brûûûûûle ! Du coup, je n'envisage pas d'en mettre là où je m'assoie ni sur mon pied. Autant aller au bout de ses erreurs !

Après 25' de pause, ma petite famille reprend la route de la maison et Olivier son poste à temps plein. Je sens que ça va devenir long à 6 km/h....

En effet, après 4h d'alternance course/marche, j'ai fait 24 km et suis arrivé au ravito du km124 en 15h30. J'en ai plein les bottes, mal au pied gauche et là où vous savez.

Je m'assoie et décide d'arrêter là. Bon bien sûr, je sais qu'il faut attendre, manger, se reposer, réfléchir, etc... blablabla. Mais au fond de moi, je sais que mon 1er abandon sera pour aujourd'hui. Même si j'ai largement assez de temps devant moi pour aller au bout, les brûlures auront eut raison de ma détermination. D'autant que je commence à avoir froid et je n'ai pas envie de marcher sur les 66 derniers kilomètres. La Mil'Kil dans un mois est aussi une des raisons de mon arrêt. Je sais qu'à marche forcée je peux y arriver, mais ça laissera forcément des traces dans l'organisme.

Enfin des coureurs arrivent de l'arrière... puis repartent. Je suis toujours là, bien décidé à abandonner.

Finalement, je repars, puis après 200 m, reviens au ravito. Olivier avait reprit la voiture mais je lui fais signe que c'est terminé. Le pire, c'est que je n'ai même pas mal aux jambes. J'ai baissé les bras, c'est tout. Pas envie de serrer les dents.

Je demande que mon abandon soit noté puis nous repartons pour remonter les coureurs et les encourager. Tous ceux qui seront repartis de ce km124 iront au bout.

Nous arriverons à Quiberon vers 1h30 du matin. En voyant tout ce qu'il me restait à faire, je suis conforté dans mon idée. 


 

J'aurais le plaisir de voir quelques copains arriver au bout et voir de nouvelles têtes avant de reprendre la route, bien reposé !

En chemin, nous croiserons ceux qui avaient encore un petit bout à faire, certains bien fatigués, d'autres à l'allure fluide malgré les heures passées sur la route. 

41 partants, 30 finishers.

 


BILAN


Tout d'abord, un petit mot pour l'organisation qui a été parfaite, du début à la fin. Météo, parcours, ravitos, bénévoles, la partition n'a souffert d'aucune fausse note. Il faut juste espérer qu'il y aura un acte II, ne serait-ce que pour prendre une revanche !


J'ai fait des erreurs de débutant (crèmage totalement inexistant, faut être crétin !) et n'avais pas la détermination nécessaire à ce format de course. Prendre le temps de m'arrêter pour percer une ampoule m'aurait fait gagner en confort de foulée et moins fatigué. Mettre de la crème, purée c'est simple et ça prend 5 minutes !!! Je ne parle même pas de mon séant, tellement brûlant que j'avais l'impression d'avoir les feux l'Enfer dans le caleçon.... Changer de chaussettes, mettre un autre caleçon après avoir éteint l'incendie. Et si, et si, et si... quel con, franchement !

 

Ma fatigue générale dans la semaine aura aussi certainement été un facteur aggravant, mais pas une excuse suffisante. Des saignements de nez quotidiens m'avaient pourtant mis la puce à l'oreille et avec un peu d'intelligence, j'aurais dû partir beaucoup plus doucement avec juste l'objectif de passer dans les délais, bien assez larges ! Malgré ça, je suis resté sur mon rythme et ai fini droit dans le mur.

 

Le pire dans tout ça, n'est pas d'avoir abandonné, mais d'être aussi frais et sans aucune douleur une fois les ampoules percées et la crème étalée au bon endroit !

 

Un abandon ? Ben oui, voilà, c'est fait !

 

 

Classement final: daviddaveau.fr/armorbihan-2014/resultats-armorbihan-2014/


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J
reconnaitre ses erreurs voilà la leçon que certains devraient apprendre . Félicitations à toi tout de même
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