Un peu plus de 3 semaines que la Transe-Gaule est terminée, mais j'ai l'impression que c'était hier.
J'ai vécu cette année, une belle aventure sportive et humaine, mais également familiale. D'ailleurs, nous avons eu, tous les quatre, beaucoup de mal à rentrer en Bretagne...
Cette Transe-Gaule était avant tout, l'occasion de me rassurer sur ma capacité à enchaîner les longues journées de course, si possible sans trop souffrir. Je voulais également voir si j'avais retenu les leçons de 2007, tant ma gestion de course avait été catastrophique.
La course:
J'avais décidé de partir très doucement pendant les 5 premières étapes, laissant ainsi le temps à l'organisme de s'adapter à l'effort.
Les 2 premières étapes ont été très lentes, mais je suis resté très concentré sur mon plan de marche. Je me suis ennuyé sur la route, mais je voulais être certain de ne pas finir la 3ème étape blessé, comme en 2007.
La grosse étape de 75 km, le 3ème jour, a été courue un peu plus rapidement et avec d'excellentes sensations. Je suis arrivé frais et sans bobos, donc avec un mental gonflé à bloc. J'ai commencé à remonter quelques coureurs, dont certains avaient déjà des blessures qui montraient le bout de leur nez.
C'est la 4ème étape, avec laquelle j'avais un fort contentieux qui m'a permis de rentrer définitivement dans la course. En effet, j'avais mis 11h57 à parcourir les 67 km en 2007, passant à 14 minutes du Cut-Off, alors que j'avais été en retard pendant plus de 55 km... En terminant en 8h34, j'étais définitivement certain que j'avais fait le bon choix de course... Une nouvelle fois frais à l'arrivée et le sentiment que je devais continuer sur cette voie, quitte à regretter d'être rester trop lent toute la course.
Je voulais rester tranquille et arriver sans blessure dans la dernière semaine, toujours avec une allure de course située aux alentours de 8km/h. La dernière étape de 75 km (étape 12) devant être la dernière très difficile. De fortes douleurs aux releveurs latéraux lors de cette étape m'ont obligé à ralentir l'allure. Mais ce fut quand même une belle journée, car j'ai pu courir plus de 60 km avec mon pote Fred Morand, avec lequel j'avais déjà vécu quelques galères en 2007...
La 13 étape fut finalement la plus belle, comme une récompense de ma sagesse depuis le début, et surtout la veille où j'avais su ralentir pour ne pas "casser". Je termine avec un ami que je ne pensais pas pouvoir devancer sur cette course.
Les 5 dernières étapes, j'ai connu la blessure au releveur droit (le gauche ne m'ayant gêner que sur l'étape 15) mais je n'ai finalement pas beaucoup souffert par rapport à d'autres coureurs.
J'avais prévu de me lâcher un peu sur la dernière semaine, ce que j'ai pu faire malgré la blessure. Je partais un peu plus vite le matin, et lorsque je me retrouvais avec des coureurs plus rapides ou qui me devançaient au classement, je restais un peu au contact pour me faire plaisir, puis je relâchais tranquillement pour finir à un rythme plus cool. Je me suis très souvent classé entre la 22ème et la 28ème place des étapes, ce qui me convenais très bien, puisque je voyais ainsi souvent les mêmes coureurs et j'étais bien au chaud en milieu de course.
Je termine à la 23ème place, en 146h56'55, soit en 7 heures de mieux que la 1ère fois, et surtout sans avoir eu besoin de piocher dans les réserves, qu'elles soient physiques ou mentales. Avec cette impression que tout a été beaucoup, beaucoup plus facile qu'en 2007....
Pari gagné !
Les blessures:
Elles avaient été omniprésentes de la 3ème à la 18ème étape en 2007, que ce soit au niveau des tendons d'achille ou des ampoules. J'ai surveillé la moindre douleur, enlevé le moindre petit caillou de mes chaussures, soigné mes pieds tous les matins et tous les soirs, et je n'aurais eu finalement qu'une seule ampoule durant toute la traversée. Je termine avec les pieds dans un état exceptionnel !
Je n'ai eu aucun souci aux tendons d'achille car j'ai anticipé à chaque fois que je recevais un petit signal d'alerte.
Je ne voulais absolument pas connaitre de douleurs aux releveurs, car quand je voyais les coureurs touchés, ça me faisait froid dans le dos.... Mais je ne savais pas comment cette blessure arrivait et je me suis donc fait surprendre lors de la 14ème étape.... Dans un 1er temps très douloureuse, j'ai réussi à faire de cette blessure un compagnon de route, et nous avons mis le cap tous les 2 vers Gruissan en essayant de nous supporter mutuellement. La douleur étant plus pénible dans les moments de marche, j'ai beaucoup plus couru lors des dernières étapes, ce qui a eu pour effet d'augmenter faire monter ma vitesse moyenne !
Je suis finalement content d'avoir connu cette douleur, car je sais désormais comment elle apparait, et comment faire pour la gérer....
La vie sur la Transe-Gaule:
40 partants en 2007, 50 en 2010, sans compter le nombre croissant d'accompagnateurs, je craignais que nous soyons un peu à l'étroit dans certains gymnases. Finalement, il n'y aura eu aucun problème de promiscuité, chacun sachant rester à sa place sans empiêter sur l'espace vital du voisin. Hormis la fanfare des ronfleurs, dans laquelle j'ai joué mon rôle avec brio, ces 18 jours auront été une réussite totale, une nouvelle fois. Il faut souligner le travail exceptionnel de tous les bénévoles qui, chacun dans son rôle, a su permettre cette osmose. C'est une équipe extraordinaire qui nous a encadré, et nul doute que notre réussite personnelle est aussi la leur.
Les relations entre coureurs ont été aussi excellentes. Portés par un objectif commun, il est beaucoup plus facile d'avancer dans une ambiance saine et chaleureuse. Le contraire de la vie courante... C'est une des raisons pour lesquelles nous avons cette impression de vivre dans une bulle dont il est très difficile de sortir. Le retour à la réalité n'en est que plus difficile...
Conclusion:
Vous l'aurez compris, cette nouvelle aventure aura été une réussite complète.
Sagesse et patience m'auront emmené presque sans encombres jusqu'à la 14ème étape, mais la blessure contractée au releveur droit est finalement une bonne chose, car je saurai désormais, comme pour les tendons d'achille, anticiper ou limiter les dégâts.
1 seule ampoule en 1151 km, est aussi une performance, comparé aux multiples ampoules que j'ai dû supporter en 2007.
Je termine dans un état physique et mental très bon, ce qui me permet d'être vraiment rassuré pour la traversée du Canada. Ce sera bien sûr beaucoup plus long, et sans doute très difficile, mais en ayant bien respecté mon plan de marche, je sais désormais ce dont je suis capable.
Je voulais rester aux alentours de 8km/h puisque j'envisage de courir entre 6 et 8 heures par jour en 2011, soit entre 48 et 64 km/jour, ce qui serait parfait.
Je ne suis pas frustré de m'être très souvent retenu lorsque je sentais que je pouvais aller plus vite, car j'ai ainsi pû vivre une très belle course sans trop de souffrances. Et sur une telle épreuve, je considère que c'est une belle victoire.
Rendez-vous en 2013 pour une 3ème étoile....
Remerciements:
Je tiens, pour finir, à remercier tous ceux qui ont eu la gentillesse de m'envoyer un petit mot d'encouragement pendant ces 18 jours, que ce soit sur le blog, facebook, ma messagerie personnelle ou encore par SMS. Je n'ai jamais répondu pour des raisons que vous comprendrez aisément, mais j'ai beaucoup apprécié votre "présence" tout au long de la course. C'est aussi cela qui m'a permis de tenir et mettre le blog à jour, car certains jours, j'étais quand même très peu motivé pour le faire....
Je remercie également toute l'équipe des bénévoles de la Transe-Gaule, même si j'ai déjà pu le faire à Gruissan, qui nous porte littéralement certains jours. En 2007, sans vous, je n'aurais sans doute pas pu aller au bout....
Je n'oublie pas non plus ma "team personnelle", Kalie-Lena-Awen, qui m'a permis d'avoir une course très confortable. Si c'était plus facile, c'est aussi grâce à vous....
Tous ceux que j'ai cotoyé sur des bouts d'étapes, coureurs, suiveurs ou "visiteurs" d'un ou plusieurs jours, qui rendent les journées moins longues et plus agréables...
Enfin, Nourrédine SOBHI (magasins Sobhi-sport) qui m'a, en partie, équipé pour cette traversée et qui continuera sans doute de Vancouver à Halifax, par le biais de Nathalie au magasin de Saint-Brieuc...
Une nouvelle aventure commence....