Une nouvelle aventure s'est terminée mardi après-midi. Après quelques jours de repos et à quelques heures de la reprise du travail, je voulais faire un petit retour sur ces 10 jours de course intenses.
Saint Malo - Sète: 1000 km à parcourir en moins de 12 jours (288 heures maxi), allure libre, gestion libre. Un seul impératif, 83.3 km/jour pour arriver dans les délais !


J'étais parti avec l'objectif ambitieux (prétentieux ?) d'essayer de passer sous la barre mythique des 10 jours, ce qui représente 100 km quotidiens ! Presque 2 marathons et demi par jour !
Le 1er jour fut comme prévu une formalité, puisque j'étais frais. Il fallait ensuite tenter d'enchaîner dès le lendemain, le surlendemain, etc....

J'ai donc appliqué mon plan de marche le plus sagement possible en n'allant jamais chercher plus, ni en cherchant à voir si je pouvais rattraper untel ou untel. Chaque jour, une fois le 100, 200, 300 dépassé, je faisais ma marque au sol et partais me reposer. Au lit de 22h à 5h du matin, je n'ai jamais rogné mon temps de repos (sauf la dernière nuit, levé à 3h pour un départ à 3h45) ni de récupération, pour tenter de rester le plus frais possible tout au long de la journée.

J'avais fait le pari de la fraîcheur et les étapes se sont en grande majorité toujours bien déroulées. Une avancée rapide, près de 8 km/h de moyenne sur les 52 premiers kilomètres, puis une pause repas de 20-25 minutes à laquelle je n'ai jamais dérogé. Enfin, une 2ème moitié plus tranquille pour ne pas entamer le physique et préparer l'enchaînement du lendemain.


Les seules journées un peu pénibles furent celles où le dénivelé et la chaleur faisaient cause commune pour durcir un peu le jeu. Je réduisais donc l'allure en conséquence et passais un peu plus de temps sur la route. Ma journée la plus longue la veille de l'arrivée, a duré 15h, notamment à cause des arrêts pour me mettre à l'abri des orages dans le camion. En moyenne, 14h sur la route chaque jour (pauses comprises), ce n'est pas excessif. Beaucoup de coureurs passaient de longues heures supplémentaires à avancer, ce qui réduisait d'autant leur temps de récupération.
Passage de la mi-course en 4 jours et 13 heures.

Longtemps installé autour de la 15ème place, après plus de 600 km j'ai commencé à remonter tranquillement quelques coureurs partis trop vite ou plus fatigués. Malgré cela, je n'allais jamais au-delà de 100 km, quitte à m'être fait redoubler au petit matin J'avançais bien comme ça, je n'avais aucune raison de changer. Je me surprenais à être assez frais tous les matins au démarrage (6h-6h15) donc la méthode était bonne.



J'aurais sans doute pu faire mieux, mais le plaisir d'être bien chaque jour me suffisait et je ne voulais pas m'entamer physiquement ni mentalement pour aller chercher une ou deux places de mieux. Arriver relativement frais sur une telle épreuve est un luxe que je me suis offert et n'ai donc aucun regret.



J'ai eu aussi la chance d'être bien entouré par ma fille, Lena, et un suiveur expérimenté qui s'est occupé du campement et de la bouffe tous les jours. David avait des journées plus longues que les miennes puisqu'il était tour à tour réveil matin - cuisto - chauffeur -ravitailleur avec Lena - photographe - vidéaste - etc..... L'importance d'une bonne équipe aux rouages bien huilés fait aussi de la course un rêve !

La route n'a pas été un long ruban de bitume tranquille, il a fallu composer avec des chauffards sur certaines routes où le seul fait de rester en vie peut relever de l'exploit (route nationale avant Loudun par ex), une chaleur écrasante parfois, des journées avec fort dénivelé où les descentes sont parfois plus douloureuses que les montées, ou des douleurs qui allaient et venaient mais toujours maîtrisées. Sur ce dernier point, l'expérience accumulée sur des milliers de kilomètres a été déterminante. Je ne suis pas à l'abri d'une nouvelle blessure, mais la parfaite connaissance de certaines d'entre elles m'a évité bien des désagréments. Je faisais les réglages au fur et à mesure et même la grosse contracture au mollet survenue l'avant dernier jour fut réglée dans les dernières heures de course.
L'arrivée sur le Mont Saint Clair à Sète a été magique. J'ai terminé une course que je me croyais incapable de boucler il y a encore 3 ans. C'est lors de mon incroyable "finish" de la Trans-Canada (1000 km en 13 jours) que je m'étais dit que peut-être.....
Le pire, c'est que je suis arrivé relativement frais, peu fatigué et sans bobos. Quelques ampoules bien sûr, mais c'est tout.

Je sais maintenant qu'il me faut 9 jours 10 heures 54 minutes 42 secondes pour parcourir 1000 km sur mes 2 jambes !

Je termine à une exceptionnelle 9ème place (36 partants, 28 finishers). Une belle grosse cerise sur un magnifique gâteau !
C'était ma 4ème traversée de la France et la 4ème réussie.

Le classement final:
1.Patrick Malandain 8j04h13mn11
2.Robert Miorin 8j11h46mn38
3.Christian Efflam 8j14h01mn51
4.Gilles Pallaruelo 8j18h12mn01
5.Alex Forestieri 8j23h32mn03
6.Nadine Weiss 8j23h56mn45
7.Jean Hervé Duchesne 9j3h57mn32
8.Gérard Habasque 9j7h29mn17
9.Gwen Quéant 9j10h54mn42
10.Fred Borel 9j11h22mn30
11.Robert Charvin 9j14h53mn10
12.Xavier Mauban 9j16h00mn00
13.Patrick De Geyter 10j11h51mn00
14.Thierry Duplan 10j13h26mn51
15.Sébastien Barraud 10j14h30mn00
16.Francis Pelmont 10j14j58mn57
17.JB Jaouen 10j16h55mn45
18.Françoise Perchoc 10j18h5mn50
19.Pierre Henri Jouneau 10j22h55mn45
20.Bernard Chevillon 10j23h56mn36
21.Gérard Mignerot 11j04h09mn13
22.Jean-Michel Fremery 11j07h41mn54
23.Christian Repkat 11j08h20mn16s
24.Denis Leconte 11j10h07mn16s
25.Daniel Mazeau 11j09mn58
26.Vincent Lauvergne 11j11h17mn54
27.Jean Taris 11j11h22mn17
28.Bruno Rouiller 11j18h03mn55
Une vidéo du 1er jour de course, par David Antoine, mon suiveur multi-tâches !
http://www.youtube.com/watch?v=VizaCWWj4jU&feature=youtu.be